Et bien qu’est-ce que j’en dis moi ?

J’en dit que pour moi, avant, une beldeuch c’était synonyme de tailleur moquette vert foncé, de contrariétés diverses et variées, de « Oh non pas elle ! », de réactions telles que peuvent les susciter les panneaux de signalisations suivants (par ordre d’intensité) : stop, feu rouge, « danger de mort », « attention traversée de beldeuch » ! Avant, c’était synonyme de napperon dans le couloir collé sur un petit meuble aussi insignifiant qu’une boîte d’allumettes mais qui se prend pour une commode Louis XVI… attention si le napperon a été fortement collé sur le meuble, la boîte de quality street qui trône sur le napperon l’est encore plus surement (si si j’vous jure, ça existe). Et devant une telle prouesse de design intérieur qui ferait pâlir de jalousie un Philippe Starck, je préfère me dire que ce crime de lèse confiseries aura été commis un soir de pleine lune, parce que la maîtresse de maison, voulant déguster un p’tit caramel devant la rediffusion de Derrick, n’a pas supporté de découvrir qu’elle n’y avait plus rien à se caler au palet et que le ventre de sa pimpante boîte de fer était aussi mou que le caramel qu’elle s’apprêtait à déguster. Bref, elle aura voulu marquer les esprits (c’est réussi !). Avant beldeuch c’était synonyme de lapin aux olives. Attention, j’adore ce plat c’est pas le problème, mais quand elle te le sert à chaque fois qu’elle t’invite en s’adressant au fiston chéri en disant tu as vu j’ai t’ai fait ce que tu préfères mon chéri, c’est moins bon tout de suite…Avant beldeuch c’était synonyme de collerette trop serrée, de sourires pincés, de rires agacés, de dimanches bousillés…

Alors maintenant, comme Valérie est passée par là, je ne vois plus du tout les beldeuch de la même façon. Car à l’heure où certains grands enfants partent à peine de chez leur parents (oui Tanguy n’est pas qu’un personnage de film, c’est aussi l’étiquette d’une réalité de beaucoup de gens), Valérie, elle, a une petite fille dont la beauté et la grâce rivalise aisément avec celles du dôme de la chapelle Sixtine, une belle fille extrêmement extra, un fils qui démarre sa carrière professionnelle chez la troisième destination touristique parisienne, autant dire, puisque Paris est la première destination touristique au monde, la troisième du monde ! Et puis Valérie est si jeune et fraîche qu’il suffirait qu’elle porte la coiffe de Laura Ingals pour qu’on ait l’impression de regarder la petite maison dans la prairie ! Valérie, à l’heure où certains se font un démon à midi, rénove son intérieur et son extérieur (oui à ce rythme elle va bientôt devoir éditer le prochain DVD de remise en forme qui battera les records de vente de The Body de Elle Macpherson). En plus, elle écoute du Aerosmith au petit déj’, fait la grasse mat le WE, a des DVD que j’aimerais lui piquer… Le truc c’est qu’elle cuisine très bien, cajole avec les yeux, fait attention à tout pour qu’on soit le mieux possible chez elle. Mais en plus de tout ça, il y a un truc essentiel : on se sent libre d’être qui on veut être et de faire ce que l’on veut faire, et ça, ça n’a pas de prix. En fait, j’réalise, elle n’aurait pas juste pris les bons cotés de la beldeuch sans les mauvais, mais en fait, ce s’rait pas la beldeuch idéale?